Les mots ont un sens : ils disent qui emploie, ce qui est fait et ce qui est déductible.
« Femme de ménage » vient de la langue courante, pas du droit. Le mot s’est installé à une époque où l’entretien de la maison était presque toujours confié à une femme, souvent employée à demeure. Il est resté parce qu’il est simple et que tout le monde le comprend : c’est lui qu’on tape dans un moteur de recherche, lui qu’on emploie entre voisins.
Il garde pourtant une connotation un peu datée. Il réduit un métier à un genre et à une tâche, alors que la personne qui vient chez vous repasse, fait les vitres, connaît vos matières délicates et détient parfois vos clés. C’est pourquoi on entend de plus en plus « intervenante » ou « aide ménagère » : des mots qui décrivent ce que fait la personne, plutôt que ce qu’elle est.
Un métier qui se dit aussi au masculin
Le métier se conjugue au masculin comme au féminin. On parle alors d’« intervenant », d’« agent » ou d’« aide ménager », jamais d’« homme de ménage », qui ne s’est jamais imposé. C’est une raison de plus pour préférer les appellations neutres : elles décrivent une fonction, pas une personne. Dans notre équipe, les cinq intervenantes sont des femmes, mais le vocabulaire que nous employons vaudrait pour n’importe qui.